• Sylvie Natpro

Marc Ballat, les défis de l’arboriculture biologique

Après un début de carrière dans l’informatique, Marc Ballat a décidé, en 2008, de reprendre un verger biologique à Bombaye, dans la commune de Dalhem. Ce verger existe depuis les années 1960, cultivé par Marc Defroidmont, un des plus anciens producteurs de Nature & Progrès. C’est par pure conviction et par passion que Marc a laissé tomber un emploi de salarié bien rémunéré pour sa lancer dans la production biologique, avec l’objectif de fournir des aliments sains aux consommateurs wallons.


L’arboriculture est une activité particulière. Elle demande des investissements importants pour la plantation des arbres fruitiers et beaucoup de technicité pour avoir une production en rendement et en qualité malgré les aléas climatiques et les ravageurs. Les cultures fruitières étant bien présentes dans la région, les ravageurs sont courants. C’est donc un véritable challenge de préserver leur qualité, y compris visuelle car la beauté du fruit, homogène, sans taches… reste un des premiers critères d’achat du consommateur.


Pour faire face aux maladies et aux ravageurs, plusieurs méthodes sont employées, notamment le choix de variétés moins sensibles à la tavelure ou l’équilibre de la nutrition végétale via des apports d’engrais de composition précise et au bon moment. Le recours aux pesticides naturels ou aux auxiliaires biologiques est malgré tout très fréquent : pyrèthre, bacillus thuringiensis, quassia et neem comme insecticides, virus de la granulose contre le ver de la pomme (carpocapse), etc. Ils sont appliqués ponctuellement en fonction du suivi des populations de ravageurs (saison et météo).


Les bonnes et les mauvaises années se succèdent dans la vie d’un arboriculteur bio. En 2018, les arbres ont produit énormément de fruits. En 2019, certains en portent très peu. Les années de forte production ne sont pas toujours une aubaine car elles provoquent une baisse des prix du marché, tandis que les années de faible production ne permettent qu’une légère augmentation des prix étant donné la tendance à compenser par les importations. Les années de forte production demandent plus de travail et donc de main d’œuvre, si bien que d’autres tâches, comme le suivi des populations de campagnols, peuvent être délaissées, compromettant la vie des arbres. Pour assurer son revenu, depuis onze ans, Marc a fait évoluer son activité, pas à pas.


Tout d’abord, il s’est mis à transformer sa production fruitière en sirop (de Liège) et en jus. Le sirop est confectionné par la siroperie artisanale d’Aubel (certifiée bio) tandis que le pressage et l’embouteillage des jus sont réalisés par l’entreprise Cornet à Basse-Bodeux (Trois-Ponts). Les pommes ou poires sont mélangés à d’autres fruits (groseilles, framboises, cassis) ou herbes (épices, sureau, rhubarbe) pour diversifier les goûts. La majorité des autres ingrédients provient d’un producteur bio en Flandre. La transformation permet une plus-value, et surtout de valoriser des fruits qui ne s’écouleraient pas en « frais » à cause de dépréciations visuelles.


La seconde stratégie de Marc pour stabiliser son activité est d’être en contact direct avec les points de vente qui assurent l’écoulement de la production. Marc ne vend plus de fruits en direct au consommateur, car ça lui demande trop de temps. Il préfère livrer lui-même les points de vente (magasins bio, magasins à la ferme, etc.) en fruits et en produits transformés. Etant donné les exigences des commerçants pour une gamme diversifiée et régulière de produits, Marc a développé l’achat-vente de productions à des arboriculteurs bio et locaux. Il joue donc le rôle de grossiste en s’approvisionnant principalement autour de chez lui, parfois en France pour des variétés intéressantes mais non cultivées ou non cultivables en Belgique. Aujourd’hui, Marc cultive 8 variétés de pommes (Wellant, Suntan, DaliClass, Pirouette, Flamboyante, Pilote, Elstar, Jonagold) et 3 variétés de poires (Doyenné, Conférence, Poire de Novembre). Il peut en proposer davantage aux revendeurs grâce à ses partenaires. 60 % des fruits frais vendus par Marc Ballat proviennent d’autres arboriculteurs bio.


Enfin, Marc s’est plus récemment lancé dans une troisième option de développement : la production de légumes. Aujourd’hui, 5 hectares sont destinés à la culture de poireaux, courges, patates douces, céleri rave et fraises. Pourquoi une telle diversification ? Principalement pour amortir les investissements qu’il a réalisés pour la vente de produits frais. Chambres froides et matériel de livraison n’étaient utilisés que de septembre à mars, lors de la saison de la vente de pommes et poires. La production et la vente de légumes permettent d’utiliser ce matériel toute l’année.





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